Préambule

L’inspection peut retrouver un gonflement de la cuisse, une ecchymose (tardive) à distance du traumatisme. Le testing musculaire (étirement, contraction) orientent vers un diagnostic lésionnel. Parfois, il existe une sidération musculaire.

Marc M. 26 ans, footballeur, reprend l’entraînement fin août. Il n’a pas vraiment eu le temps de se consacrer à sa préparation physique pendant les vacances. Le premier entraînement est difficile et le soir les courbatures sont présentes. Le lendemain, il ressent une petite pointe au niveau des ischio-jambiers. Il pense que la contracture s’intensifie. A la fin de la semaine, il applique de la pommade chauffante et garde son survêtement pour l’échauffement. Au cours d’une accélération il ressent une vive douleur au niveau de la cuisse et chute. Il se relève difficilement et ne peut rejouer. La boiterie est immédiate. Il applique de la glace et son entraîneur l’adresse immédiatement au médecin du club.


En reprenant l’interrogatoire, Marc nous indique avoir entendu un craquement et ressentit comme un «coup de poignard ». Il n’a pas d’antécédents de lésions musculaires.


A l’examen clinique, il existe une boiterie. La cuisse est augmentée de volume et la mobilité active est très réduite. Le testing musculaire est très douloureux. Le diagnostic de lésion musculaire stade II des ischio-jambiers est évoqué. Une échographie sera pratiquée vers le 2 –3 ème jour. En attendant, le traitement médical est institué immédiatement (glaçage, bandage compressif, surélévation, décharge). L’échographie confirme la lésion musculaire stade II avec la présence d’un hématome pas très volumineux du fait des soins pratiqué en urgence. La rééducation est débutée avec des séances de drainage dans un premier temps. Puis, le travail actif est débuté vers le dixième jour. Le footing léger est repris à la quatrième semaine sous couvert de soins et la réadaptation sur le terrain débutera à la sixième semaine.


 


LA CLINIQUE ET LE BILAN :


Après un interrogatoire rigoureux, certains éléments peuvent orienter vers une lésion grave :


– Intensité de la douleur (type syncopal)


– Perception d’un craquement voire d’un claquement


– L’apparition rapide d’un gonflement et d’une ecchymose


– Impotence fonctionnelle totale immédiate


L’inspection peut retrouver un gonflement de la cuisse, une ecchymose (tardive) à distance du traumatisme. Le testing musculaire (étirement, contraction) orientent vers un diagnostic lésionnel. Parfois, il existe une sidération musculaire.


L’échographie musculaire confirmera le diagnostic, et sera pratiquée dans les jours qui ont suivi le traumatisme (2 à 3 jours). Une IRM peut compléter le bilan.


 


LE TRAITEMENT :


La déchirure (stade II de la classification des lésions musculaires) sera traitée en plusieurs phases. Les premières phases de cryothérapie, compression, surélévation, immobilisation, limiteront l’expansion de l’hématome et seront pratiquées pendant 4 jours. Cette phase est essentielle pour permettre une reprise plus précoce. Le pansement compressif doit être réalisé précocement et de manière quotidienne. Des veinotoniques seront prescrit ainsi que des séances de drainage. Des séances de mésothérapie seront pratiquées par un médecin formé à cette technique. La pose d’un strapping permettra une reprise plus rapide de l’appui. Les AINS ne seront prescrits que vers le troisième jour.


La reprise de l’appui sera autorisée et la physiothérapie sera intensifiée pour obtenir une bonne cicatrisation et une bonne orientation des fibres musculaires. Puis le travail actif sera commencé en concentrique, en respectant la règle de la non-douleur. Lorsque la contraction isométrique et l’étirement seront indolores, le travail excentrique pourra débuter. L’évolution est longue et de durée variable (6 à 12 semaines).


 


LES COMPLICATIONS :


L’hématome résiduel constitue la principale complication. Il peut être enkysté et alors bien visible à l’échographie au bout de 1 mois. De part sa taille, il peut comprimer une artère et entraîner des thromboses vasculaires, comprimer un nerf et donner des troubles neurologiques. Il peut également réaliser un syndrome de loge.


De plus, l’hématome peut s’infecter, suite à la ponction réalisée en générale au troisième jour.


La cicatrice fibreuse, qui entraîne des adhérences aponévrotiques peut être source de douleurs.


La complication rare, mais la plus redoutable est l’ossification musculaire. Elle doit être suspectée devant la persistance de douleurs (dans les mois qui suivent le traumatisme), de gêne fonctionnelle ostéo-articulaire ou musculaire, et surtout la perception d’une zone indurée voire d’une véritable tuméfaction.


Le bilan lésionnel précis et le respect des consignes thérapeutiques, permettent la plupart du temps, d’éviter les complications après un accident musculaire.


 


BIBLIOGRAPHIE :


Danowski R.-G, Chanussot J.-C


Traumatologie du sport


Masson Ed.

Informations

L'A.R.T.S.S. a été créée par le Docteur Philippe CHADUTEAU le 19 septembre 1994. Cette association est aidée ponctuellement par la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (D.R.J.S.C.S.) pour le suivi des sportifs de haut niveau du Val d’Oise.

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